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Eléments historiques

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La position géographique de Castelnau, qui n’est aujourd’hui qu’un hameau perché sur une petite colline, suffit à justifier son importance passée. Cette ancienne place forte, dont il n’est pas dit qu’il y ait eu à l’origine un château seigneurial puisque ce village pouvait être seulement fortifié ou doté d’une maison forte, domine l’intersection des vieilles routes montant vers Lacaune et Espérausses, tout en offrant une vue dégagée sur celle descendant sur la vallée de Brassac.

L’endroit est mentionné pour la première fois par un acte de 1140 qui fait mention de l’église Saint-Julien, toujours présente à Biot (cité par CHABBERT (André), Le Terrail : Castelnau -de-Brassac, Cadets de Brassac, 1999.). C’est dans les années 1336-1340 que la communauté obtint ses libertés du seigneur de Castres, alors Eléonore de Montfort. La communauté recouvre alors déjà quasiment les mêmes limites qu’aujourd’hui. Elle s’agrandit par la suite de la grande forêt de Montagnol donnée au début du XVe siècle par Catherine de Vendôme, seigneur de Cruzy. Les droits de ramasser le bois mort et de faire paître les bêtes, obtenus alors par les habitants sont d’ailleurs le sujet de bien des documents, et ce jusqu’à des époques récentes. Plusieurs auteurs évoquent aussi une région fortement touchée par la peste et ses nombreux retours encore au XVIe siècle.

 

Un menhir christiannisé

Surtout, l’ensemble de la montagne du Haut-Languedoc subit fortement les Guerres de Religion et leurs conséquences, occasionnant victimes et destructions. Alors en quelque sorte à son apogée, la place forte de Castelnau était la résidence d’une fabrique d’armes et armures, deux notaires, des médécins-chirurgiens, ou encore un petit hôpital (peut-être plus exactement une léproserie) selon DELPUECH (Louis-Charles), Castelnau-de-Brassac. La vie d'une commune paysanne en France, Albi, I.C.S.O., 1941, 19 p.. La ville change de mains plusieurs fois à la fin du XVIe siècle, prise et reprise par les nombreux capitaines se disputant la région. Mais le coup de grâce survient à l’époque des dernières guerres de religion, lorsqu’après la prise de la Rochelle, la petite place forte tenue par les protestants obéissant au duc de Rohan révolté, le prince de Condé, père du Grand Condé, met le siège puis prend et fait raser le lieu et ses défenses. Espérausses subit le même sort peu après. La disposition des lieux témoigne encore aujourd’hui des fortifications médiévales. De ce coup dur, le chef-lieu de la communauté ne se releva point. Brassac, alors dite Brassac-de-Castelnau, l’emporta dès lors. Le recensement de 1778 est agrémenté de cette observation révélatrice : « Castelnau était autrefois une ville murée, elle feut battue en 1628  depuis ce n’est qu’un village ».

Cependant les conflits et querelles interreligieuses ne cessèrent pas pour autant car une part importante de la population resta calviniste. Bien plus, la communauté, par sa taille, ses forêts profondes, ses vallons abrités, devint en partie un refuge sûr pour nombre de réformés qui y tenaient des assemblées ou des cultes clandestins. De 1630 à 1685, les récits et anecdotes ne manquent pas, égrenant les dénonciations diverses, voire les meurtres comme lorsque le pasteur Corbière la Sicardie, surpris avec ses fidèles en plein office est abattu avec trois de ses fidèles. Une stèle leur est dédiée près d'un menhir en bordure de la forêt de Montagnol. Les réformés, dont une part de réfugiés venus des plaines, sont déjà à cette époque concentrés sur le plateau de l’Estrade, ou abrités dans les bois alentour. A l’instigation de Louvois, la région est évidemment le théâtre des dragonnades. Une petite caserne de dragons est même construite dans le bourg de Castelnau, qui abrite encore aujourd’hui la mairie-école.

 

Le monument aux réformés persécutés jouxtant le précédent

Dans le domaine de l’administration seigneuriale, jusqu’à la Révolution, deux familles se succédèrent pour percevoir en fief les droits seigneuriaux de la terre de Castelnau, les Bayard de Ferrières (pour la partie sud-ouest de la communauté), puis les Bourbon Malauze de Lacaze.

Un dernier avatar des dissensions religieuses et politiques locales refait surface en 1886 lors de la demande de division en deux parties de la commune de Castelnau-de-Brassac. Le tiers nord-ouest de la commune demande en quelque sorte son indépendance du reste de la commune, et la nouvelle entité aurait pris le nom de Sablayrolles, principal hameau de la partie concernée. Derrière quelques motifs économiques et financiers, les véritables enjeux sont politiques et religieux : cette section de la commune correspond à la région dite de l’Estrade, où les protestants sont très majoritaires, alors qu’ils ne forment qu’entre un tiers et un quart de la population totale de la commune. Ils votent alors majoritairement en faveur des candidats libéraux et républicains, tout comme les communes limitrophes de Ferrières et Vabre, elles aussi majoritairement de religion réformée, alors que le reste de la commune de Castelnau-de-Brassac, catholique et formant la majorité des électeurs de la commune, vote dans le même temps clairement pour les candidats conservateurs et monarchistes. La minorité protestante ne s’estimait donc pas représentée. Finalement le Conseil d’Etat refusa la séparation.

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